Signes dans l'Evangile de Jean ( Suite )

Le quatrième signe est également relaté dans les trois autres évangiles : il s’agit de la multiplication des pains. Hélas, ce miracle faisait naître (ou entretenait et attisait) des espérances charnelles, la foule envisageant de prendre Jésus pour le faire roi (6 v.15). Par ailleurs, Jésus regrettait qu’on ne le cherche alors que pour les pains et qu’on se méprenne totalement au sujet de sa vocation (v.26). Il disait : « Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera » (v.27). Jésus n’est pas seulement un faiseur de miracles, un pourvoyeur de pain ; Il est « le pain de Dieu », « qui donne la vie au monde » (v.33) ! Entendant Jésus parler de ces choses, les Juifs discutaient (v.52) et plusieurs disciples murmuraient (v.61), puis se retiraient (v.66). Atteint de cécité spirituelle, Israël ne reconnaissait pas son Messie…

C’est cela qui est figuré par l’homme aveugle de naissance (9 v.1) [6ème signe] : tout homme, Juif ou non-Juifs, est spirituellement aveugle de naissance. Mais tandis que l’homme né aveugle était pleinement conscient de son handicap physique, les Juifs étaient totalement inconscients de leur cécité spirituelle, une chose qui s’applique malheureusement à une partie de l’Église (Laodicée – Ap.3 v.14 à 22). Les disciples posaient alors une question qui en dit long sur les carences de leur théologie : « Qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » (v.2). Prompts à juger, ils ne comprenaient pas que « tous, Juifs et Grecs, sont sous l’empire du péché » (Rom.9 v.9) : TOUS - non pas plusieurs – Tous sont égarés et pervertis (v.11)…Jésus prenait l’initiative de la guérison de l’aveugle, tout comme c’est Lui qui prend l’initiative du salut. Suite à cette affaire et au remous qu’elle a suscitée, Jésus donnait ce terrible avertissement : « Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles…Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : Nous voyons. C’est pour cela que votre péché subsiste » (9 v.39 & 41). En refusant de reconnaître son péché, Israël (et tout autre homme qui fait de même) se condamne…

Nous avons vu que le fils qui était près de mourir figurait Israël, malade du péché. Hélas, l’aveuglement d’Israël l’empêchait de reconnaître son Messie et le précipitait dans la chute. A ce sujet, ce qui est arrivé à Lazare est très instructif [7ème signe]. Pendant que Jésus était éloigné, Lazare tombait malade. Celui que Jésus aimait (11 v.2) était malade ! Faut-il dire, faut-il rappeler que Jésus aime Israël (et plus généralement, tous les hommes) ? Toutefois, le Seigneur restait deux jours là où il se trouvait et, lorsqu’il arrivait enfin à Béthanie, Lazare était mort…Lazare était bien mort et il n’y avait plus (humainement) aucun espoir : son corps était en état de décomposition et il sentait déjà (v.39).

Cela représente très clairement l’état d’Israël, depuis que ce peuple a rejeté son Messie : à vue humaine, c’en est fini ! Mais souvenons-nous de la vision d’Ézéchiel : une vallée remplie d’ossements, nombreux et complètement secs (37 v.1 & 2). L’Éternel interrogeait le prophète : « Ces os pourront-ils revivre ? » (v.3) ; Ézéchiel répondait : « Seigneur Éternel, tu le sais ». La mort a frappé Israël et il semble qu’il n’y ait plus d’espoir, mais Dieu ne se repent pas de son appel ! Alors qu’Israël n’a pas su être, par l’obéissance, une bénédiction pour les nations, Israël l’est devenu malgré lui au travers de sa désobéissance !!! « Mais par leur chute, le salut est devenu accessible aux païens » (Rom.11 v.11). Toutefois, « si leur mise à l’écart a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon le passage de la mort à la vie ? » (v.15). La résurrection de Lazare nous parle de la résurrection d’Israël !

Hélas, cette résurrection ne faisait qu’attiser la haine des adversaires de Jésus, lesquels projetaient alors de le faire mourir (11 v.53). Lazare lui-même devenait gênant et les principaux sacrificateurs délibérèrent de le faire mourir (12 v.10) ! L’aveuglement spirituel conduit malheureusement à la folie meurtrière…

De grand malheurs s’abattront sur Israël parce qu’il n’a pas connu le temps  où il a été visité (Luc 19 v.44). Il y a néanmoins toujours un faible résidu, mis à part par son Seigneur, souvent chahuté et même mis en danger (les disciples sur la mer – la mer évoquant l’agitation des peuples), mais soutenu et secouru par Celui qui peut marcher sur les eaux tumultueuses et ordonner au vent de se taire (cf. Jean 6 v.16 à 20) [5ème signe]…C’est un résidu selon l’élection, dont le nombre est compté, comme l’ont été (comptés) les 153 grands poissons de la pêche miraculeuse relatée au chapitre 21 v.2 à 8 [8ème signe]. Non ! Dieu n’a pas rejeté Israël. Oui ! Il s’est réservé « un reste selon l’élection de la grâce » (voir Rom.11 v.1 à 6).

Sans avoir réalisé le caractère prophétique de son propos, Caïphe, le souverain sacrificateur, disait que « Jésus devait mourir pour la nation. Et ce n’était pas pour la nation seulement ; c’était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11 v.51 & 52). Par sa mort et sa résurrection (préfigurée par la résurrection de Lazare), Jésus réunit en un seul peuple les croyants Juifs et non-Juifs.

Si de nos jours de nombreux Juifs sont revenus en terre promise, cette sorte de renaissance de la nation n’est que très partielle et elle n’est rien d’autre que le résultat des résolutions humaines. Mais Dieu a fait la promesse à tout Israël (les Juifs et les autres tribus) : « J’ouvrirai vos sépulcres, je vous ferai sortir de vos sépulcres, ô mon peuple, et je vous ramènerai dans le pays d’Israël »(Éz.37 v12). L’incrédule pense qu’il est absolument impossible de retrouver les dix tribus, mais de même que Jésus a pu ordonner à Lazare : « Sors ! » (11 v.43), l’Éternel ordonnera aux captifs : « Sortez ! » (És.49 v.9) et il dira à ceux qui sont dans les ténèbres : « Paraissez ! »… « Les voici, ils viennent de loin… Cieux, réjouissez-vous ! Terre, sois dans l’allégresse ! Montagnes, éclatez en cris de joie ! » (v.12 & 13).