Cette fête se situe à la fin de l’année agricole et elle est d’ailleurs également appelée « fête des récoltes » (Ex.23 v.16). Le peuple de Dieu se réjouit au sujet des récoltes, résultat de la bénédiction accordée par Celui qui donne la pluie de la première et de l’arrière-saison…

 À cette occasion, les Hébreux se rappellent le long séjour des pères dans le désert : Qu’il fait bon habiter le pays où coulent le lait et le miel ! Cette fête rappelle donc la grâce accordée à ce peuple, libéré de l’esclavage de l’Égypte et conduit par YHVH lui-même dans le plus beau des pays…Mais le souvenir du désert doit également constituer un avertissement : toute une génération a péri dans le désert, à cause de son incrédulité.

 C’est une fête joyeuse, ce qui est tout à fait normal puisqu’elle est en rapport avec la grâce accordée par Dieu : « Vous vous réjouirez devant l’Éternel, votre Dieu, pendant sept jours » (Lév.23 v.40). Cette grâce est imméritée, car elle ne dépend ni de la force (les Hébreux étaient faibles) ni des qualités (les Hébreux ont souvent failli) : elle en est d’autant plus appréciable !

 

La fête des tabernacles, ou fête des cabanes, ou fête des tentes, nous rappelle, à nous chrétiens, que nous sommes ici-bas « étrangers et voyageurs » (I Pierre 2 v.11), et que nous sommes dès à présent « citoyens des cieux » (Phil.3 v.20). Dieu « nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ » (Éph.2 v.6). Voilà de quoi se réjouir devant le Seigneur !

La dédicace du temple construit par Salomon a eu lieu pendant la fête des tabernacles (I Rois 8 v.2). Le moment était bien choisi, puisqu’à l’occasion de cette fête les hommes d’Israël devaient se rassembler à Jérusalem. Par ailleurs, l’arche de l’alliance n’était désormais plus sous une tente (la tente est en rapport avec le désert et les pérégrinations d’Israël) mais dans le temple : assurément, cette entrée de l’arche dans le temple devait se faire à l’occasion de la fête qui évoque la fin du désert et le bonheur du peuple installé dans sa terre !

 

« Au moment où les sacrificateurs sortirent du lieu saint, la nuée remplit la maison de l’Éternel » (I Rois 8 v.10). La gloire de Dieu entrait dans le temple ! Hélas, de nombreuses années plus tard, la gloire de Dieu devait quitter le temple, trop profané par le peuple…Ne sera-ce pas à l’occasion d’une nouvelle fête des tabernacles que la gloire de Dieu (= Jésus) reviendra à Jérusalem ?

En Esdras 3 et Néhémie 8 (livres en rapport avec la restauration d’Israël), nous voyons la fête des tabernacles comme une anticipation de la résurrection d’Israël. Dans les 2 cas, il est écrit que, le septième mois, le peuple s’assembla  comme un seul homme. Souvenons-nous que le septième mois débute par la fête des trompettes, laquelle évoque le réveil (les Juifs l’appellent notamment « le jour du son qui réveille ») et le rassemblement (elle évoque également la résurrection).

Notons ce qui est écrit au sujet de la première venue de Jésus : « Le logos est devenu chair. Il a planté sa tente parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire » (Jean 1 v.14 – Chouraqui). Jésus est donc venu « dresser sa tente » (littéralement), manifester sa gloire, mais les hommes (« les siens » !) ne l’ont pas reçu (v.11).

 

Il est tout à fait possible que la naissance de Jésus ait eu lieu pendant la fête des tabernacles, puisqu’il écrit qu’il est venu « tabernacler » parmi les siens…Le recensement ordonné par César Auguste (Luc 2 v.1) pouvait se faire idéalement à cette époque où les Juifs devaient se mettre en mouvement pour se rendre à Jérusalem pour la fête…

Lors de sa présence sur terre, Jésus s’est rendu à la fête des tabernacles « comme en secret » (Jean 7 v.10). Ce n’est qu’au milieu de la fête qu’il s’est rendu au temple (v.14). Et, « le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jean 7 v.37 à 39). Le grand jour correspond au 8ème jour, et le 8ème jour est en rapport avec la résurrection, la vie nouvelle, la gloire, l’éternité.

À l’occasion de la fête des tabernacles,  on versait de l’eau qui rappelait celle qui avait jailli du rocher dans le désert (Ex.17 v.1 à 7). Ensuite, avec une joie débordante, on citait les paroles suivantes: « L'Eternel est ma force et le sujet de mes louanges. ... Vous puiserez des eaux avec joie aux sources du salut » (És.12 v.2 & 3). Nous comprenons bien le sens de l’intervention de Jésus, le rocher spirituel (I Cor.9 v.4) qui allait être frappé pour le péché du peuple !

 

À ses frères qui s’étonnaient qu’il n’aille pas à la fête des tabernacles, Jésus disait : « Mon temps n’est pas encore venu » (Jean 7 v.6). Le Seigneur pensait probablement à la croix : ce que la fête des tabernacles préfigurait ne pourrait avoir vraiment lieu qu’après la mort et la résurrection. Cette fête est également appelée « le temps (ou la saison) de notre joie » et la joie parfaite ne vient qu’en Jésus !

Les frères de Jésus lui demandaient de se faire voir (se manifester) à Jérusalem, mais le Seigneur savait qu’il n’était pas reçu et qu’il allait même être rejeté…Sa manifestation à Israël interviendra plus tard, au terme de la tribulation (une sorte de nouveau désert) !

La fête des tabernacles est également connue comme étant la fête de la moisson finale, la festivité du grand rassemblement, la fête des nations. Elle évoque donc le Millénium à venir. Elle sera d’ailleurs obligatoire durant le Millénium (voir Zac.14 v.16 à 19).

La mention du 8ème jour nous transporte au-delà du Millénium, sur la nouvelle terre et dans la nouvelle Jérusalem : Le tabernacle de Dieu sera parmi les hommes (Ap.21 v.3).

Mais avant cela, le 8ème jour nous parle de l’Église, composée de ceux qui sont nés de nouveau, nouvelles créations (II Cor.5 v.17), habités par le Saint-Esprit : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (I Cor.3 v.16) « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu ? » (I Cor.6 v.19). S’il y a question, c’est qu’il y a doute ou ignorance : Savons-nous donc ces choses ?

 

Jésus a dit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14 v.23).