Qui devons-nous prier ?                       

 

 

(1)    Le Père

 

Les disciples ont demandé à Jésus : « Seigneur, enseigne-nous à prier » (Luc 11 v.1). « Il leur dit : Quand vous priez, dites : Père !... ». Dans le sermon sur la montagne, Jésus dénonce les prières hypocrites et les vaines redites, puis il dit : « Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux !... » (Mat.6 v.9).

 

Lorsque Pierre a été emprisonné, il nous est dit que « l’Église ne cessait d’adresser pour lui des prières à Dieu » (Actes 12 v.5). Bien  entendu, les disciples savaient quel Dieu ils priaient : il s’agit de Celui qui s’est révélé notamment à Abraham et à Moïse, et qui est par-dessus-tout le Père de notre Seigneur Jésus-Christ (cf.Col.1 v .3).

 

Dieu est le Père de Jésus-Christ et il est également le Père de tous ceux qui ont reçu « la véritable lumière » (Jean 1 v.9), c’est-à-dire Jésus-Christ : « Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jean 1 v.12). Nous sommes enfants de Dieu parce que nous croyons en son Fils Jésus-Christ ! Nous pouvons donc prier le Père et dire : « Notre Père ».

 

Le Saint-Esprit nous rappelle que nous sommes enfants de Dieu (Rom.8 v.16, Gal.4 v.6), ce qui doit, notamment, nous donner de l’assurance dans la prière. Le Saint-Esprit nous dirigera toujours vers le Dieu véritable et jamais vers les idoles (voir I Cor. 12 v.1 à 3).

 

Nous savons que l’apôtre Paul était un  homme de prière. Il précisait qu’il fléchissait les genoux devant le Père (Éph.3 v.14) ; il bénissait le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ (Éph.1 v.3 ; II Cor.1 v.3) ; il rendait grâces à Dieu (Rom.1 v.8 ; I Cor.1 v.4 ; Phil.1 v.3 ; Col.1 v.3 ; I Thes.1 v.2 ; II Thes.1 v.3).

Le même apôtre exhorte à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes (I Tim.2 v.1). Il ne dit pas à qui elles doivent être adressées (Timothée le sachant fort bien), mais il précise que cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur (v.3). On peut en déduire que les prières sont adressées à Dieu le Père, qui est également Celui qui nous sauve par son Fils. Précisons que nous savons que nous ne prions pas un dieu quelconque, mais le Dieu créateur du ciel, de la terre et de la mer (cf. Actes 4 v.24), le Dieu qui nous sauve, par la résurrection de Jésus-Christ (cf. I Pierre 3 v.21).

 

Jésus encourage à prier le Père avec assurance : « En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom » (Jean 16 v.23). Le même verset est également traduit ainsi : « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera » (Semeur). Ce qui est clair, c’est que nous avons, au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire » (Héb.10 v.19) : Dieu nous accueille, nous écoute et nous exauce, grâce à Jésus !

 

L’Ancien Testament fourmille de prières adressées à Dieu, des prières qui ont été exaucées. Ceux qui priaient ignoraient que Jésus est dans le Père et que le Père est en Jésus (cf. Jean 14 v.10). Toutefois, la pensée d’un Dieu pluriel n’était pas totalement absente. L’un des noms de Dieu, dont il est fait usage abondamment dans l’Ancien Testament, est Elohim, qui est un pluriel (les Dieux). La Shema : « Écoute Israël ! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un » (cf. Deut.6 v.4) doit être traduite ainsi : « Écoute Israël ! L’Éternel, nos Dieux, l’Éternel est un ». En méditant les Écritures, des Juifs avaient compris la Trinité, avant la venue de Jésus ! C’est d’ailleurs pourquoi plusieurs ont pu accepter l’affirmation de Jésus : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10 v.30). Cela ne leur apparaissait pas du tout anti-scripturaire ! 

David, homme inspiré de Dieu, constatait que ses ennemis comptaient sur leurs chars et sur leurs chevaux ; « Mais nous », disait-il, « nous invoquons le nom de YHVH, notre Elohim »  (Ps.20 v.8 – Chouraqui). Il invoquait l’Éternel (YHVH), les Dieux (Elohim)…Nous découvrons que David avait compris, par l’Esprit, que le Messie était divin ; en effet, Jésus dit : « David lui-même dit dans le livre des Psaumes : Le Seigneur dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied » (Luc 20 v.42 & 43). David avait conscience de la Trinité et de l’implication du Seigneur.

 

Jésus insiste sur le fait que c’est le Père qui exauce. Au sujet des choses dont nous avons besoin, le Seigneur dit : « Votre Père céleste sait que vous en avez besoin » (Mat.6 v.32). Par une parabole, Jésus encourage à la persévérance dans la prière, en mettant en scène une veuve et un juge inique, et il pose la question suivante : « Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard ? (Luc 18 v.1 à 8). Par ailleurs, Jésus exhorte à demander, cherche et frapper, et il affirme que le Père qui est dans les cieux donnera de bonnes choses à ceux qui les lui demandent (Mat.7  v.7 à 11).

 

Dans son Évangile, Luc rapporte que Jésus a dit ceci : « Si donc, méchants comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à plus forte raison le Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent » (11 v.13). L’enseignement de Jésus est intéressant en ce sens qu’il fait un parallèle avec la famille : à qui l’enfant s’adresse-t-il lorsqu’il a un besoin ? À son père (v.11 et 12). En qualité d’enfants de Dieu, c’est donc à notre Père que nous faisons part de nos besoins…Ensuite, Jésus souligne que, malgré leurs défauts, les pères savent tout de même accorder de bonnes choses à leurs enfants, et surtout qu’ils ne les trompent pas (ils ne donnent pas un serpent au lieu d’un poisson). À plus forte raison pouvons-nous nous attendre à ce que Dieu nous donne ce qui nous est profitable (même si parfois cela diffère de ce que nous avons demandé). Pour finir, Jésus assure que le Père donnera le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent : notons ici que nous demandons le Saint-Esprit au Père et non pas au Saint-Esprit lui-même !

 

Il est important de respecter la place du Père. Si, dans une famille, les choses se traitaient à l’insu du père, ce ne serait absolument pas normal ! Jésus ne veut surtout pas prendre la place du Père, pas plus que le Saint-Esprit ne veut prendre la place du Père ou/et celle du Fils…Jésus insiste d’ailleurs : « Rendez…à Dieu ce qui est à Dieu » (Luc 20 v.25).

 

 

Notons encore quelques prières :

L’apôtre Paul dit qu’il prie  Dieu en faveur des Éphésiens ; il précise alors qu’il s’attend au Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire (v.16 & 17). L’apôtre prie Dieu en faveur des Israélites (Rom.10 v.1) ; il demande à Dieu de sanctifier les Thessaloniciens (I – 5 v.23). Il a certainement prié Dieu en faveur d’Épaphrodite qui était malade, tout près de la mort, et il dit que Dieu a eu pitié (Phil.2 v.25 à 27). L’apôtre Jacques dit que si quelqu’un manque de sagesse, « qu’il la demande à Dieu » (1 v.5). L’apôtre Jean écrit que, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance devant Dieu. « Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable » (I – 3 v.21 & 22). L’apôtre précise ensuite que le commandement de Dieu, c’est que nous croyions au nom de son Fils Jésus-Christ, et que nous nous aimions les uns les autres (v.23). Les prières sont donc bien adressées à Dieu, qui les accepte et les exauce, parce que nous croyons au Seigneur Jésus…et parce que nous nous aimons les uns les autres !!! Comprenons que si nous déclarons croire au Fils sans avoir l’amour, c’est une illusion …

 

Après l’arrestation de Pierre et de Jean, puis leur libération, les disciples « élevèrent à Dieu la voix tous ensemble » (Actes 4 v.24). Ils le nomment Maître (Segond traduit « Seigneur »), et il apparait clairement que c’est au Père qu’ils s’adressent puisqu’ils lui disent que Ponce Pilate et Hérode se sont ligués contre Jésus, son saint serviteur, qu’il a oint (v.27).

 

Les témoignages bibliques sont donc suffisamment clairs pour nous encourager à prier Dieu, le Père, sachant que les prières impliquent également le Fils et le Saint-Esprit…Les trois sont toujours d’accord !

« Au Dieu unique qui nous a sauvés par Jésus-Christ notre Seigneur, à lui appartiennent la gloire et la majesté, la force et l’autorité » (Jude 25 – Semeur).