ÊTRE ÉQUITABLE

ÊTRE ÉQUITABLE

« Tu n’auras point dans ton sac deux sortes de poids, un gros et un petit. Tu n’auras point dans ta maison deux sortes d’épha, un grand et un petit. Tu auras un poids exact et juste, tu auras un épha exact et juste, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne. Car quiconque fait ces choses, quiconque commet une iniquité, est en abomination à l’Éternel, ton Dieu » (Deut.25 v.13 à 16).

Evidemment, il est ici question de droiture dans les affaires, mais cela va au-delà de ce seul aspect…Dans les affaires, Dieu veut que nous soyons justes, honnêtes : Dieu n’aime pas la tromperie, la tricherie. Notons le principe suivant, dont nous devrons toujours nous souvenir : « Rendez à tous ce qui leur est dû » (Rom.13 v.7). Profiter de quelqu’un n’est évidemment pas conforme à la pensée de Dieu. Hélas, on peut chercher à tirer avantage de sa position favorable, on peut abuser de la faiblesse, de la naïveté, et même de la gentillesse de l’autre.

 

Notre texte envisage quelqu’un qui va marchander (pour le paiement, on pesait l’argent, souvent avec des pierres – voir Jér.32 v.10) : pour vendre, cet homme a une grosse pierre (il faut que ça rapporte !), tandis que pour acheter, il a une petite pierre (c’est encore trop cher !). Les choses ne sont donc pas estimées de la même manière selon qu’on les vende ou qu’on les achète. Selon Dieu, cette différence d’appréciation est coupable ! D’autant qu’elle conduit généralement à abuser ceux qui sont plus faibles (par exemple, ceux qui ont absolument besoin de vendre pour récolter de quoi survivre). On sait bien que le même produit ne vaut pas le même prix selon qu’il soit le fruit du travail d’un français ou d’un ouvrier de pays pauvre…Pourtant, selon Dieu, l’estimation devrait être la même !

On en vient à constater que ce ne sont pas seulement les marchandises qui ne sont pas estimées équitablement, mais aussi les hommes !  Par exemple, usons-nous du même poids, de la même mesure, selon que nous ayons affaire à un homme de notre race ou à un homme d’une autre race ? Par ailleurs, comment regardons-nous la personne handicapée ? J’ai eu l’occasion de rencontrer des polyhandicapés (au handicap très sévère) et j’ai été frappé par leurs regards dont il émanait de très belles et touchantes expressions…Plus généralement, ne jugeons-nous pas trop souvent selon l’apparence ? L’apôtre Jacques constatait avec un vif regret que l’on pouvait, dans les églises (!), faire nettement meilleur accueil au riche qu’au pauvre (voir ch.2 v.1 à 12). « Le riche et le pauvre se rencontrent ; c’est l’Éternel qui les a faits l’un et l’autre » (Prov.22 v.2). « Celui qui se moque du pauvre outrage celui qui l’a fait » (Prov.17 v.5).

 J’ouvre une parenthèse au sujet de la duplicité, avec une petite illustration : un homme me déclarait spontanément être d’accord avec moi au sujet d’une action que je menais…quelques jours plus tard, je découvrais qu’il déclarait des choses très différentes dans la presse. J’ai compris qu’il avait des contraintes économiques, et sans doute quelques ambitions politiques, des amis qu’il ne devait surtout pas froisser : il valait donc mieux tenir un discours qui plaisait à ceux dont il dépendait ! Ainsi donc, soit il n’avait pas été sincère avec moi (et c’est dommage), soit il était relativement sincère mais il ne pouvait pas le proclamer…Ce que je veux souligner par-là, c’est qu’on peut donc être influencés dans notre manière d’estimer et de dire les choses en fonction de certaines relations, de certaines contraintes, et/ou de certaines ambitions !

 En tant que chrétiens, puissions-nous estimer toutes choses, y compris les choses morales, les valeurs éthiques, dans la seule dépendance de Dieu et sans contrainte ni compromission avec le monde. Or, sans même parler de contraintes, nous sommes trop souvent influencés par les pensées de ce monde et nous perdons parfois certaines valeurs fondamentales. « Le poids et la balance justes sont à l’Eternel. Tous les poids du sac sont son ouvrage » (Prov.16 v.11). La seule manière d’apprécier justement toutes choses, c’est de le faire selon Dieu, avec l’assistance de sa Parole et de son Saint-Esprit !

Notons qu’il y a une promesse qui est faite à ceux qui usent d’un poids exact et juste : leurs jours se prolongent ! Leurs jours sont bénis, car ils ont l’approbation de l’Éternel ! Pour les autres, Dieu dit que l’usage de poids différents est une abomination ! « La balance fausse est en horreur à l’Eternel, mais le poids juste lui est agréable » (Prov.11 v.1). « L’Eternel a en horreur deux sortes de poids » (Prov.20 v.23).

Souvenons-nous qu’il n’est donc pas seulement question de comportement dans les affaires, mais de toute duplicité dans la manière d’apprécier les personnes et les choses…Ne sommes-nous pas parfois très indulgents pour nos fautes et celles des personnes que nous aimons, et très sévères quand les mêmes fautes sont commises par les autres ? 

Evidemment, celui qui use de poids différents cherche par-dessus tout son propre intérêt ! Dieu veut nous conduire dans une toute autre direction, celle qui consiste à prendre en compte et même à rechercher l’intérêt de l’autre. L’Eglise primitive avait compris cela…Et si le fait d’être équitable peut emporter parfois des inconvénients (ce qui ne doit pas nous étonner dans un monde où règne tant d’injustice), souvenons-nous de ceci : « Il vaut mieux souffrir, si telle est la volonté de Dieu, en faisant le bien qu’en faisant le mal » (I Pierre 3 v.17).

Peut-être avez-vous été trompé, exploité, peut-être a-t-on trop souvent abusé de votre gentillesse : je vous invite alors tout simplement à vous débarrasser de toute rancœur et à vous en remettre à Dieu, le juste juge, et vous verrez sa bénédiction. Jésus édicte des principes qui ne plaisent sans doute pas à l’homme naturel, mais qui doivent pouvoir être mis en œuvre par l’homme spirituel : « Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi » (Mat.5 v.38 à 42). Osons être fous aux yeux du monde, mais tellement en accord avec notre Père céleste !